vendredi 16 mars 2012

Pour Paddy's day, tous le frog à l'air !!!!!



Ok, ok, il ne se passe pas grand chose en ce moment sur ce blog, mais c'est parce qu'on est trop occupé à gober des mouches virtuelles, comme vous pouvez le constater sur la vidéo. Bon, ce week-end c'est Paddy's day. Avec un peu de bol, et si les souvenirs ne sont pas trop confus, on vous en parlera la semaine prochaine...
Bonne Saint-Patrick à tous !

vendredi 10 février 2012

Quand FrogInDublin cherche son local...

Ici, on appelle ça un "local". Prononcez le low-call et vous passerez pour un Dubliner "local". Le local, en Irlande, c'est le pub à côté de chez vous dont vous dépendez (presque) administrativement. Oui, ici, le pub c'est un peu comme la carte scolaire chez nous : vous habitez (forcément) près d'un pub. Vous êtes donc censé y suivre les bons offices. La règle se contourne, mais moins souvent qu'en France. Et si l'on sèche ici, c'est pour mieux se rincer là-bas.
Or donc, voilà qu'un méchant dilemme se pose à l'auteur. Il y a quelques jours, le frère de sa copine lui demande : "How's your local". Passons sur le fait que l'auteur, déconfit, n'a rien compris à la compotée d'anglais exprimée par l'Irlandais et pensait avoir entendu "how's your low cost". Mon Ryan Air va bien, je te remercie... la question était cependant ardue : de notre appartement, on a le choix entre trois établissements situé à distance presque égale. C'est ce que l'on appelle le fameux triangle en cuite latérale. Tous ont été visités, mais on n'a pas encore fait notre choix. Ce n'est pas si simple car c'est un acte qui va nous engager pour des années. Au moins.


Le premier endroit, The Sheds, est un pub à l'ancienne, divisé en deux salles. Dans la première, toute en longueur et en tabourets, se retrouvent chaque soir les anciens, ceux qui semblent visser au bout du comptoir, contemplant, impavides, leurs verres vides. The Sheds, c'est un peu le balcon du Muppet Show, des moues frippées mais rieuses, et l'impression fugace que des fois, on se fout un peu de notre gueule. C'est aussi un bon endroit pour rencontrer des gens gentillement émêchés, ce qui nous rappelle notre Bretagne natale. C'est assez rare : l'Irlandais est un fils de pub mais il évite soigneusement l'infamie d'une cuite devant ses semblables. D'ailleurs, si vous croisez des gens avec triple tours de clés en centre-ville de Dublin, se seront bien souvent des Rosbeefs en grande vadrouille.
Des écrans de télé, comme dans quasiment tous les pubs, diffusent du sport non-stop. C'est un vrai repère à mecs, même si les femmes ne sont jamais loin. L'autre salle de The Sheds est plus grande, plus cosy pour le brin de cosette, et accueille toutes les générations, spécialement le week-end dans ces larges fauteuils. Bref, pas vraiment un produit d'appel pour nous convaincre. Pour résumer, on aime bien le Sheds mais c'est pas l'ambiance du siècle. Et c'est pas franchement Sir sourire de l'autre côté du comptoir...


Le deuxième pub est également le plus fréquenté et le plus éloigné du domicile, ma non troppo au petit trot. Avec The Yacht, tout est dans le nom. On imagine déjà qu'avec un blase pareil, on va rencontrer un maximum de capitaines en soirée et des gens élégants (pas des dandys marioles), le tout dans un joli décor. Et c'est à peu près cela : le bar est grand, classe et les barmans sont propres sur eux. Table haute, table basse, bourgogne et bordeaux en évidence sur des étagères en fer forgé, on a changé d'atmosphère. Les femmes préfèreront sans doute, d'autant que la carte des vins est assez fournie. Et c'est vrai que c'est souvent agréable et chaleureux malgré les peronnelles qui font parfois dans l'ostentatoire. Mais le vrai plus de The Yacht, l'atout maître en appétit, c'est le carvery du week-end. Laissez-nous vous faire le topo : Si Gargantua avait dû choisir un self (dis-moi que Thélème ton self lui aurait alors soufflé Rabelais), c'est pas chez Flunch avec Mémé Jacquet qu'il aurait ripaillé, mais à The Yacht. Imaginez une assiette, remplie de pommes de terre préparées de quatre ou cinq façons différentes, du chou, et de la viande. Beaucoup de viande. Du porc, du boeuf, de la volaille, servis en quantité industrielle. Vous avez l'impression de fait pitié lorsque vous commandez et qu'on leur a donné l'ordre de vous gaver. Pourtant, on n'a pas vraiment un physique à jouer dans "Chétif fais moi peur!". Surtout depuis que l'on vit dans ce beau pays. Anyway, de cette montagne on accouche d'un sourire, et d'une addition rikiki pouce pouce : 12 euros. Imbattable. Un poil gras peut-être, mais imbattable. C'est là un excellent remède contre les samedis/dimanches pluvieux. Pour résumer, le Yacht c'est beau, le Yacht c'est bon, mais c'est un peu gnan-gnan.


Le dernier pub, que l'on vient juste de découvrir, nous a fait passer de deux à Troie, du cornélien à l'homérique. C'est aussi un gros coup de coeur. Imaginez un soir de soif sous la pluie (heureusement que ce n'est pas incompatible, hein ?), une devanture rouge intrigante et l'envie de nouveaux horizons. Le Breton est grand voyageur comme chacun sait. Nous n'avons donc pas (trop) hésité avant d'effectuer la centaine de mètres séparant The Sheds du Clontarf Court Hotel Bar. A l'intérieur, la claque : nous ne sommes plus à Dublin mais au Great Northern Hotel, à Twin Peaks. L'agent Dale Cooper va surgir d'un moment à l'autre avec son Dictaphone, un nain va venir danser la Macarena tandis que quelqu'un au bar se demandera : "mais c'est qui Bob ?"... Le Clontarf Court, sans doute à cause des poutres en bois apparent et des moquettes chaudes, n'est pas sans rappeler le décor de la série de Lynch. Ajoutez-y le feu dans la cheminée, les conversations d'hommes visiblement en affaires, une Guiness plutôt bonne (car oui, la Guiness peut avoir un goût différent selon les bars), un personnel tellement sympa que vos avez envie de l'appeler par son prénom immédiatement et vous avez le bar idéal, conjugué au pub que parfait. En plus, on y mange plutôt correctement, ce qui ne gâte rien...
Pour résumer, le Clontarf Court nous a fait une forte impression qui demandera confirmation. Dans un pays catholique comme l'Irlande, on n'y coupera pas. On a peut-être bien trouvé notre local.

PS : On essaiera de faire mieux niveau photo lors de nos prochaines visites...

mardi 31 janvier 2012

The Maple Hôtel. Avec l'érable, faites donc du rab



Vous savez ce qu'il y a de plus chouette qu'une journée à Dublin ? Une nuit à Dublin. Si vous vous baladez du côté de Wexford street ou de Georgia's street un vendredi soir, ne soyez pas surpris si vous entonnez malgré vous un air Clerc tel ce couplet : "Depuis que j'ai vu le jour, je préfère la nuit". Si Paris est une fête, Si Londres est une foire, Dublin est une bête sans somme, où chaque journée n'est qu'un long prélude à la nuit. Se laisser griser ici est plus facile que de tomber amoureux sur une plage de Copacabana, et l'extravagant amoncèlement de pubs que compte la ville y est pour beaucoup. Malgré la crise, malgré les fermetures récentes (1300 pubs ont fermé en Irlande ces cinq dernières années), il y en aurait encore un millier à courir le long des rues de la capitale. C'est beaucoup. Chaque soir, mais surtout du mercredi au dimanche, les bolées de houblon doublonnent, les trottoirs accueillent des cohortes urbaines et parfois, lors des grandes migrations, d'hardis hardes de hauts talons dérapent, en éclatant de rire. Problème, passée une certaine heure, incertaine souvent en raison des multiples horaires de fermeture des bars, la même question triviale ressurgit ici comme ailleurs : Where do we go maintenant ?
Evidemment, on peut toujours se traîner jusqu'en boîte. Elles ne manquent pas à Dublin et les horaires de fermeture sont également très élastiques. Mais on a trouvé mieux, beaucoup mieux. Laissez donc les gogos de la Gaga clubber de leur côté et rejoignez The Maple hôtel, le repère des nuits qui refusent de mettre les pouces et de s'enfouir sous les draps. Tomber sur l'érable (maple en anglais), c'est prolonger le plaisir. C'est rabelaisien par excellence. C'est surtout très pratique.
The Maple se situe au 75 Lower Gardiner street. En plein centre ville. L’accès eu bar est gratuit mais avant de rentrer dans la salle, situé au rez-de-chaussée, il faut d'abord remplir des papiers à la réception. Le rituel est un peu étrange la première fois, mais vous comprendrez vite : le bar est censé être réservé aux clients de l'hôtel, vous êtes donc censé être un client de l'hôtel, ce qui sera le cas une fois les papiers remplis. Elementaire. C'est factice, on imagine que la police ne doit pas être très dupe, mais c'est folklorique. L'entrée du bar est gardée par un vieux sage tout en grimace et en barbe longue. C'est un type rondement sympa, un vrai north sider, donc incompréhensible. Cela ne l'empêche pas de pousser la chansonnette de temps en temps (voir vidéo), et c’est aussi intelligible que du Mylène Farmer (quelqu’un a-t-il déjà compris ce qu’elle minaude dans le micro, franchement ?)



L'intérieur est austère, mais moins que le programme de Nicolas Sarkozy, faut pas déconner. Aux murs, quelques photos retracent l'histoire du pays et Michael Collins, toujours lui, semble veiller au bon déroulement des opérations. Le bar donne sur la chaise du portier qui donne sur le droit d'entrer. Si vous êtes arriver jusque là, et à moins que vous n'entamiez un God Save the Queen en ré mineur, c'est qu'on ne vous refusera pas l'accès. On est en Irlande quand même.
Au Maple, le week-end, les tables se remplissent de verres à moitié vides, à moitié à pleins et les chaises de clients à moitié ivres, à moitié pleins. Vous y croiserez de tout : des anglaises un peu délurées venues célébrées en grande pompe la fin d’un célibat, des jeunes de tous horizons à la verticale et des vieux dubliners assis, prêts à refaire l’histoire du pays toute la nuit. Enfin tant que les Guiness fraiches alimentent la flamme et le verbe.



Avec un peu de chance, vous tomberez sur un concert. Parfois, des musiciens qui se sont produits dans d’autres bars de Dublin viennent faire un dernier tour de chant et régler d’ultimes notes. Un fumoir est à disposition juste à côté de la salle et s’avère souvent le dernier bastion des irréductibles, ceux qui restent sourds aux injonctions fortes du frêle barman, un Indien luné selon la marée.
Vers 4h30, il faudra songer à partir. Vers 5 heures, il faudra vraiment sortir. Vers 5h15, tout le monde sera d’accord pour aller se coucher. Ou presque.